On pensait tout connaître de la seconde guerre mondiale et bien en fait oui, on connaît tout. Par contre on ne connaît rien de l’autre seconde guerre mondiale, celle qui se passe dans un monde ou
les américains sont des chiens, les allemands des chats, et les russes des ours, et qui se battent avec des robots géants et des chars transformables….
Moon Hyo-seop a imaginé une guerre différente, une guerre qui fait penser graphiquement à un dessin animé des studios Gibli (d’ailleurs la première histoire n’est pas sans rappeler Porco Rosso)
avec des couleurs pastels, des bons sentiments, un peu d’humour et un souffle épique qui passe et repasse comme un vent qui ne décide pas.
Ce qu’il y a de bien dans ces histoires, c’est que les chats (les Allemands donc) ne sont pas toujours méchants, ils vivent. Normalement (avec la normalité de la guerre). Il n’y a pas de jugement
de valeur. Certaines histoires mettent en avant les chats ou les chiens, suivant ce que veut raconter l’auteur (une évasion, l’envie de bien manger, un savant fou etc.). On retrouve bien ce côté
qu’ont les asiatiques à ne pas juger (et pourtant l’auteur coréen aurait pu se faire une joie de tailler un costard aux japonais).
Des histoires qui auraient pu mutatis mutandis être vraies (et certaines d’entre elles le sont surement).
Le dessin est magnifique, mais il n’est pas s’en en rappeler d’autres (Miyazaki en tête). Mais l’essentiel est qu’il soit lisible la plupart du temps (rien de grave cependant), ce qui avec un
crayonné peint relève de l’exploit le plus souvent.
Attention cependant à ne pas tout lire d’un coup, c’est un livre qui demande à être lu par petites touches, une histoire par jour. Sinon on risque de s’ennuyer, on risque une overdose.
Une fois de plus (qui a dit une fois n’est pas coutume ?????) Pierre Paquet a fait un bon choix en éditant, de belle manière, une œuvre atypique et touchante, qui je l’espère a touché son
public.
L’album date de 2005, il doit (devait) être suivi de deux autres, qu’en est-il en vrai ?