Le blog d'un scénariste BD
C’est octobre, c’est bientôt halloween, la toussaint. Il y a des films d’horreurs dans les salle de cinéma. Les éditeurs de DVD font des promos sur les production horrifiques. Mais qua fait la BD !!!
Et bien elle fait ce qu’elle peut.
En octobre 2002, Pierre Veys et Frantz Duchazeau sortent le premier tome d’Igor et les monstres. Une version particulière du mythe de Frankenstein. Oubliez Mary Shelley, Peter Cushing , Kenneth
Branagh ou Eddy Mitchell. C’est plutôt du côté de Mel Brooks et de son Frankenstein junior qu’il vaut regarder. Et encore, à condition de rajouter des doses d’humour noir, de cynisme, de
méchanceté gratuite ( mais drôle).
Et oui la Suisse c’est pas que du chocolat, des comptes bancaires secrets et des horloges, c’est aussi l’histoire d’un gars qui se prend pour Dieu.
Résumé du tome 1 ( source : site Dargaud) :
Promu ambassadeur de Transbulvaquie, le baron Frankenstein se livre à ses petites expériences, avec l’aide de son assistant Igor, qui le fournit en cadavres frais et en cerveaux pas toujours bien choisis — celui d’un inspecteur du fisc, entre autres, ou celui de papa Frankenstein. C’est d’ailleurs par le papa qu’on apprend que, tout petit déjà, le baron tentait de recréer l’œuvre de Dieu avec un rôti de porc et une pile de six volts.
[…] (je coupe parce que ça dévoile trop de choses à mon goût) […]
Cette version décapante du mythe est tordante de bout en bout — jusqu’au bêtisier final, qui nous dévoile les arrière-cuisines du " tournage " comme si on y était — c’est trop court, on en
redemande. Evitant les clichés et autres gags poussiéreux, Veys nous surprend à chaque case, à chaque bulle. Quant au dessin de Duchazeau, aussi expressif que subtil, il laisse augurer un nouveau
talent dans le paysage humoristique. Voilà donc un chouette cadeau d’Halloween pour ceux qui aimaient déjà le Frankenstein Junior de Mel Brooks et les expériences lamentables de Gaston.
C’est-à-dire tout le monde à partir de douze ans. En gros.
Fin du résumé.
Et c’est parti pour ma petite critique, chronique (le bout de texte ou je parle du truc et du machin)
Alors à la première lecture du tome 1, beaucoup de gens pourraient ne pas aimer. On les comprends : en effet le dessin est plus que spécial (et minimaliste) et les gags ont une architecture
déroutante qui fait qu’on a du mal à bien tout saisir. Pourtant il y a des tonnes de bonnes choses : des dialogues fabuleusement ciselés, des gags très bons (donc drôles). On voit la naissance
d’un univers avec des personnages récurrents (le maire par exemple). Pourtant la sauce a un peu de mal à prendre (enfin dans mon cas).
Ce n’est qu’avec le tome 2, que j’ai enfin compris et apprécié le tome 1. En effet le 2 est largement supérieur au 1, comme si le premier n’était qu’une ébauche, que les auteurs avaient du mal à
trouver leur marque. Dans le second tome tout est bon, les dialogues (encore meilleurs que le tome précédent, c’est dire), on se fait au dessin (qui finalement n’est pas si mal, et en plus j’ai
l’impression qu’on a gagné en expressivité), La mécanique des gags qui est plus compréhensibles pour un quidam moyen. Bref du beau boulot.
Et enfin avec l’arrivée du tome 3 (et dernier….) les auteurs ont trouvés leur rythme de croisière. Les situations (grandguignolesques) s’enchaînent et ne se ressemblent pas. C’est drôle et tout,
que demander de plus ( à part un autre livre).
Et si après on relit le premier tome on se rend compte que tout était déjà dedans. Qu'en fait c'est un p*t*ain de bon album....
Cette série bien qu’un peu difficile d’accès (le premier tome donc), est vraiment intéressante et aurait mériter un plus grand nombre d’album. Je la relis toujours avec passion et entrain.
Il m’arrive souvent de m’entraîner à écrire des gags en une planche, et je choisis très souvent cet univers, tant les possibilités sont vastes….
Pour en savoir plus :
Les extraits du tome 1 ici
Le tome 2 avec des extraits ici
Le tome 3 avec des extraits ici